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Chronique
Sikensi : des avancées à saluer, mais encore beaucoup à faire
Par Thierry G.18 août 20260 lectures

Le désenclavement de Sikensi constitue incontestablement une avancée majeure pour la ville et l’ensemble du département. Ces progrès méritent d’être salués, tout comme le lobbying et les efforts du Ministre Pierre N’gou Dimba en faveur du développement de notre région.
Ces dernières années, plusieurs réalisations ont permis d’améliorer les conditions de vie des populations. Sikensi, qui connaissait autrefois d’importantes difficultés d’accès à l’eau potable, bénéficie aujourd’hui d’une situation nettement meilleure. L’Hôpital général a également été renforcé avec la réalisation d’un bloc opératoire et la mise en place d’une clôture, tandis que les travaux d’aménagement se poursuivent.
Mais faut-il pour autant considérer que le compte est bon ? Certainement pas.
Le département de Sikensi contribue de manière significative aux recettes de l’État, notamment grâce aux taxes et impôts générés par ses nombreuses unités industrielles. À ce titre, les populations sont en droit d’attendre une redistribution plus visible et plus importante de cette richesse à travers des infrastructures structurantes et durables.
Le bitumage et l'éclairage de toutes les rues de Sikensi devraient notamment constituer une priorité. À cela s’ajoutent des axes essentiels comme Sikensi–Agboville–Oreskrobou, en passant par Gomon, ainsi que le tronçon Bécédi–Bakanou A. Ces routes ne sont pas seulement des voies de circulation : elles sont des leviers de développement économique, de mobilité et de désenclavement pour les populations.
Du bitume, oui. Mais pas sans aménagements !
Une autre question mérite d’être posée : à quoi sert une route bitumée si ses abords restent impraticables ?
Le bitumage doit nécessairement s’accompagner de l’aménagement des accotements. La pose de pavés sur les côtés permettrait notamment de sécuriser la circulation des piétons, d’améliorer l’esthétique urbaine et surtout d’éviter que la terre rouge ne finisse par envahir les ouvrages nouvellement réalisés.
Cette doléance s’adresse particulièrement à l’entreprise Porteo. Si les accotements ne sont pas aménagés aujourd’hui, qui prendra en charge ces travaux demain ? Faudra-t-il attendre plusieurs années avant de rechercher de nouveaux financements pour corriger ce qui aurait pu être anticipé dès le départ ?
Sikensi mérite mieux
La question n’est pas de nier les efforts réalisés, mais de demander davantage de cohérence, de vision et de professionnalisme dans l’aménagement de la ville.
À Sikensi, le Conseil régional apparaît aujourd’hui comme un recours important pour accompagner la transformation urbaine de la ville, même si certaines interventions ne relèvent pas directement de ses compétences. Car le constat demeure préoccupant : trop de projets tardent à être réalisés, certains sont exécutés sans les aménagements nécessaires et d’autres peinent à être achevés dans des conditions satisfaisantes.
Les populations de Sikensi ne demandent pas l’impossible. Elles souhaitent simplement que les infrastructures réalisées soient pensées dans leur globalité, exécutées correctement et entretenues dans la durée.
Sikensi contribue à la richesse de la Côte d’Ivoire. Elle mérite, en retour, des infrastructures à la hauteur de sa contribution et des ambitions de développement du pays.
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