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Chronique

Jeunesse de Sikensi: entre ambitions et désespoir

Par Thierry G.10 août 20260 lectures
Jeunesse de Sikensi: entre ambitions et désespoir
Aujourd’hui, je veux vous parler de la jeunesse de Sikensi. Pas d’un petit cercle de quelques personnes qui, à force de se présenter comme les représentants de toute une génération, finissent par confisquer le mot « jeunesse ». Je veux vous parler de la grande jeunesse de Sikensi. Celle que je connais. Celle que je côtoie. Celle qui travaille, qui cherche, qui espère, qui doute parfois, mais qui veut surtout vivre pleinement sa jeunesse. Samedi, au Festival des Grillades de Sikensi, j’ai vu quelque chose qui mérite qu’on s’y attarde. J’ai vu des milliers de jeunes se déplacer, se retrouver, rire, danser, partager et simplement profiter d’un moment de liberté. Plus de 8 000 personnes, selon les estimations, ont répondu présentes. L’espace prévu derrière la mairie était devenu trop petit pour contenir cette foule. Mais au-delà de la fête, j’ai surtout vu un message. Cette jeunesse avait soif de divertissement, certes. Mais elle avait aussi soif de considération, d’attention et d’opportunités. Parce qu’à l’ère du numérique et des réseaux sociaux, le jeune de Sikensi voit ce qui se passe ailleurs. Il voit les festivals, les concerts, les compétitions sportives, les formations, les initiatives entrepreneuriales et les programmes d’insertion proposés dans d’autres villes. Et forcément, une question finit par lui traverser l’esprit : « Et nous, à Sikensi, pourquoi pas nous ? » Le problème n’est donc pas que cette jeunesse refuse de s’engager. Le problème est qu’on ne lui offre pas toujours suffisamment d’espaces pour s’exprimer, se former, entreprendre, créer et s’épanouir. Une ville ne peut pas se contenter d’attendre que sa jeunesse grandisse toute seule. Il faut des programmes sérieux de formation professionnelle. Il faut accompagner les initiatives. Il faut créer des espaces culturels et sportifs. Il faut soutenir l’entrepreneuriat. Il faut donner à cette jeunesse les moyens de construire son avenir ici, à Sikensi. Car une jeunesse que l’on ne structure pas finit souvent par être sollicitée uniquement lorsque les intérêts politiques l’exigent. On la mobilise pour certaines causes, on la courtise à certaines périodes, puis on l’oublie lorsque les projecteurs s’éteignent. Il faut que cela change. Et ce weekend, j’ai aussi vu une autre réalité : une jeunesse qui sait reconnaître ceux qui lui tendent la main. Dans cette quête d’espace, de liberté et de considération, beaucoup ont trouvé en Éric Armand YAO un interlocuteur disponible et proche d’eux. Ils l’ont choisi comme parrain attitré de leurs activités. Son engagement est simple : les accompagner dans leurs activités, leurs initiatives et leurs projets, sans leur demander de renoncer à leur responsabilité. En retour, il leur demande trois choses : la patience, la responsabilité et l’organisation. C’est peut-être cela, finalement, le véritable enjeu. Il ne s’agit pas seulement d’offrir une fête à la jeunesse. Il faut lui offrir des raisons d’espérer. Il ne s’agit pas seulement de parler en son nom. Il faut l’écouter. Il ne s’agit pas seulement de la mobiliser. Il faut l’accompagner. Et surtout, il ne faut pas avoir peur d’une jeunesse qui s’exprime, qui revendique et qui demande sa place. La jeunesse de Sikensi a parlé à sa manière. Elle a dansé. Elle a chanté. Elle s’est amusée. Elle s’est retrouvée. Mais derrière cette fête, il y avait aussi un cri. Comme elle aime elle-même le dire : « Sikensi n’aime pas foutaise. » Ce n’est pas un slogan. Ce n’est pas de la malice. C’est un cri du cœur. À bientôt. Thierry GNANZOU, Directeur de Radio RVM. Professionnel de la communication et du digital
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